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Synthèse Mystique Templière

 
Ordre_du_temple (31)

« A la veille de la Pentecôte, vers l’heure de none, les compagnons de la table ronde qui venaient d’arriver à Camaalot se mettaient à table après avoir assisté à l’office, quand une très belle demoiselle entra à cheval dans la salle … »

Ainsi débute le manuscrit de la queste du Graal indiquant que l’action se déroule en un temps rythmé par des nombres et des cycles liturgiques, dans des lieux aux résonances symboliques précises.
La queste se déroule à cheval. C’est la représentation de l’homme guidé par sa nature animale et influencé par le monde qui l’entoure. Il devra pénétrer la signification spirituelle du voyage symbolique qu’il entreprend et qui le conduira à travers l’espace et le temps.
La queste du Graal n’est autre qu’une expression de la voie initiatique dont le but est essentiellement un retour au centre du temps et de l’espace originels, une accession au saint des saints. Il s’agit de retrouver le point de convergence d’où tout est issu. La chevalerie, pour ce faire, emprunte la voie d’amour, a – mor, en latin, c’est-à-dire, ce qui supprime la mort.
L’autre caractéristique de la voie chevaleresque est de chevaucher entre le visible et l’invisible, entre terre et ciel, entre temporel et spirituel. C’est être une faction aux frontières des deux mondes. L’homme de la guerre sainte, le chevalier, est l’homme des limites, des marges, des zones de danger, qui doit s’éprouver lui-même constamment, garder une vigilance et une force de tous les instants.
La voie héroïque est une conquête. C’est l’aventure vécue qui permet l’avènement à la conscience de la présence divine en soi. En ce sens, il est nécessaire de se mesurer aux forces qui sont aux prises dans le monde, tant les forces ténébreuses que lumineuses, pour prendre l’exacte mesure de soi-même et découvrir le maître intérieur qui purifiera la vision et guidera le chemin.
La voie héroïque ne peut obéir à la loi commune des hommes ordinaires, ni non plus d’ailleurs à la règle des moines cloîtrés hors du monde. La fonction du chevalier est de rendre gloire, c’est-à-dire de restituer les choses et les êtres à leur source primordiale, pour les réintégrer dans l’ordre universel. Les aventures de la queste, celles vécues, enseignent à revenir à soi, car chacun ne rencontre que ce qui lui ressemble.
Ainsi la gloire n’est ni la renommée, ni la vanité. Mais il s’agit de la manifestation en ce monde de la présence divine sous la forme d’une épiphanie, manifestation de la sagesse, de la force et de la beauté qui s’expriment dans notre formule :
« Non nobis, Domine, non nobis, sed Nomini Tuo da gloriam.»
C’est cette gloire qui apparaît autour du Graal et produit autour d’elle une transfiguration du cosmos, l’immanence de la divinité au cœur de sa création. Les trois chevaliers qui, au terme de la queste, symbolisent l’aboutissement de cette entreprise, sont Bohort, Perceval et Galaad.
Bohort représente l’ascèse, la voie purgative de la mystique. Perceval représente le dévoilement, l’herméneutique, la voie illuminative. Galaad représente le détachement, la voie unitive.
En réalité, ces trois voies, purgative, illuminative, unitive, sont indissociables. Elles doivent se vivre à la fois successivement et simultanément.
D’ailleurs, si les trois chevaliers suivent des chemins différents, selon des étapes propres à chacun, ce n’est que réunis qu’ils peuvent parvenir au château du Graal.
De même, on peut référer ces trois personnages archétypes aux trois vœux, de chasteté, de pauvreté et d’obéissance qui, eux non plus, ne peuvent être disjoints si l’on veut réaliser la perfection.
En fait, commencée le jour de Pâques, la queste dure symboliquement sept jours. Le septième jour est celui du jour de la manifestation du secret intérieur.
Puis vient un autre cycle. Le huitième jour est le premier jour de l’âme. La pensée réveillée se meut spontanément en dehors des limites de la nature.  Là, elle atteint à la connaissance qui surpasse toute raison. Je n’ai pas trouvé de meilleure conclusion pour mon propos que celle proposée par Basile Valentin en conclusion des noces alchimiques :
« Le résultat du savoir, c’est que je ne sais rien ».
Ces mêmes propos étaient tenus par Socrate.
Si le désir du savoir est en vous, il vous faut chercher jusqu’à ce qu’intuitivement vous acceptiez de penser :
« Ce que je sais ne dépasse pas la connaissance horizontale. »
Alors, vous serez poussés à poursuivre vers la phase suivante, la phase de la réalisation. Vous constaterez alors que vous avez capacité à aller au-delà des limites de la raison, vers la sagesse.
Ceci est le chemin octuple, nommé par les gens raisonnables, le chemin de la mort. En vérité, c’est le chemin de la mort de la raison, mais la naissance de la sagesse intuitive
.
Candidats, si en vérité vous êtes fatigués de la connaissance horizontale, vous serez illuminés par la connaissance nouvelle intuitive de l’esprit.Ordre_du_temple (31)